Un retour à une vraie vie de foi avec les cellules

Témoignage de Marie-Christine (lors de la rencontre diocésaine des cellules paroissiales d’évangélisation de l’Ain)

Ce témoignage est pour moi une synthèse de ces 6 mois passés dans la cellule de Brigitte. C’est avec grande joie que je veux vous partager comment les cellules m’ont transformée et amenée à prier avec amour, sincérité et vérité…

Comment tout a commencé ?

Pendant près de 25 ans, ma vie spirituelle était quasi inexistante. Certes, la messe, la communion faisaient partie intégrante de ma vie. Elles m’étaient indispensables. Suite à mon divorce, je me suis retrouvée seule avec mes enfants. Prise dans le tourbillon de la vie, de mon activité professionnelle, de ma famille et bien sûr de mes enfants, j’avançais sans trop comprendre. J’avais dû appuyer sur la touche « pause » sans m’en rendre compte. C’est alors que, petit à petit, ma foi a régressé. Je végétais, je ne savais plus ce qu’était devenu le mot prière, comment prier. La confession, je pensais même qu’elle n’existait plus. L’adoration :je n’y allais jamais. En avril dernier, je n’étais pas bien. La solitude me pesait. J’étais dans un vrai tunnel, en pleine déroute. Je ne sais ni comment, ni pourquoi, je me suis sentie poussée intérieurement, peu avant Pâques, à frapper à la porte du Père Patrick. Ce fut une démarche extrêmement difficile (je me suis prise en plusieurs fois). A ce jour, je suis très heureuse de l’avoir franchie. Ensemble, nous avons fait un cheminement. Ma vie spirituelle s’est remise en marche. Cela n’a pas été si facile, parfois même très dure. Pour rompre cette solitude et dans la logique de ma démarche spirituelle, le père Patrick m’a parlé de l’existence des cellules d’évangélisation. Pourquoi, celle de Brigitte, tout simplement, c’était la seule personne que je connaissais grâce aux « tables ouvertes ».Puis la machine s’est mise en marche. Brigitte est venue chez moii. Elle m’a parlé des cellules, son but et ce que l’on y faisait. Nous avons pu échanger, partager le sens de ma démarche, je lui ai dit mon état de doute face à la religion. Elle m’a écoutée, sans me juger. A son départ, je me suis sentie plus apaisée. Ce soir là, j’assistais à ma première réunion. J’étais méfiante, les mots cellules, évangélisation, me faisaient peur. Quand je suis arrivée, tout m’a impressionné, j’étais mal à l’aise. Qu’est ce que je venais faire là ? Il régnait un climat de paix, de ferveur spirituelle. L’accueil fut chaleureux. Chacun, remerciait Dieu pour ce qu’il lui avait accordé de beau, de bien, durant la semaine. Puis, chacun partageait son témoignage : le vécu positif ou non. Chacun écoutait l’autre sans le juger, avec un immense respect. L’enseignement du père Patrick fut écouté avec attention, puis échange de ce qui nous a marqué ou interpellé. Pour ma part, je n’ai rien pu dire, j’étais comme bloquée, figée. Jamais je n’aurais pu parler de ma foi aussi librement, devant tous. Au fond de moi, j’avais des choses à dire, mais je ne pouvais pas, j’étais comme muette de peur. Le jeudi suivant, ce fut identique. J’observais, sans pouvoir dire un seul mot. Le lendemain, avec Brigitte, Michel, nous partions en week-end. Ce fut un merveilleux moment de joie, de partage. Avec Brigitte, j’ai pu exprimer, échanger mon ressenti face aux cellules. Ma peur, mes craintes, mes interrogations se sont levées, je me suis sentie plus sereine. Le troisième jeudi, c’était la clôture avec le repas canadien. Vous étiez tous présents. J’ai pu faire votre connaissance. Une joie immense jaillissait de cette maison. Enfin, je n’étais plus seule. Devant votre dynamisme, j’ai décidé de poursuivre l’aventure avec vous tous.

Que m’apporte cette vie au sein des cellules ?

Sur le plan humain, beaucoup !

Dans les moments de doute, de solitude, d’interrogation, de colère face à l’EGLISE,j’ai rencontré des amis en qui j’ai trouvé une écoute, une communication, un partage , un réconfort, un soutien, une aide , un conseil. J’ai pu ainsi, m’ouvrir, m’épanouir, me libérer de cette carapace, de cette solitude. Même mes enfants me trouvent transformée. Vous avez écouté ma détresse sans aucun jugement, nous avons partagé nos convictions, vous m’avez apporté des conseils, des pistes de réflexion, et vous m’avez convaincue de rester et de continuer à espérer par le biais de la prière. Puis cet entraide de prière lors de ma grande peine. J’étais seule, à la chapelle, je pleurais, Brigitte, tu es venue, nous nous sommes regardées et chacune, sans un mot, nous avons prié. Quel réconfort, quel soutien, tu m’as apporté ce jour là.

Sur le plan spirituel : la transformation est immense.

Je me disais catholique, pratiquante. J’allais à la messe, je communiais. C’était un besoin , une habitude, une coutume depuis mon enfance. J’avais reçu de mes parents des valeurs chrétiennes, mais je n’avais pas su les faire fructifier. Mon divorce est une source de colère face à l’Eglise. C’est pour moi une plaie ouverte qui me fait souffrir énormément. Grâce à la cellule, j’essaie, petit à petit de dépasser cette barrière, je me tourne vers ce qui est plus essentiel : ma foi. Pour moi, recommencer à prier, n’est pas chose facile. Prendre le temps de me poser, de pouvoir écouter Dieu, je commence à comprendre l’importance, le sens. Aujourd’hui, le jeudi soir, est un temps privilégié. Je retrouve mes amis pour prier, partager, réfléchir. Maintenant, j’ose témoigner. Chaque mot d’une prière a un impact, une connotation toute différente. Avant, pour moi le temps d’adoration, était inexistant .Au début, j’allais à la chapelle, je n’ouvrais pas le tabernacle. Une certaine appréhension, une certaine peur s’installaient en moi. Je restais là, je fixais la bougie. De temps en temps, je parlais intérieurement, ma foi était comparable à cette petite flamme qui vacillait. Depuis peu, j’ai réussi à ouvrir le tabernacle, j’ai vraiment compris que c’est Dieu vivant, qu’il est devant moi et avec qui je peux échanger, parler écouter un vrai dialogue peut commencer au fond de moi. Une certaine paix intérieure, s’installe en moi ; je me rends compte que les cellules m’ont permise de pouvoir prier avec amour, sincérité, et vérité.

Le but des cellules : l’évangélisation

Je ne voudrais pas omettre, la deuxième mission des cellules : l’évangélisation. Pour moi, c’est une première, et pas la plus facile .Grâce à la prière, qui me donne la force, la conviction, avec l’aide de Dieu, que je redécouvre petit à petit, je peux commencer à faire l’ébauche de l’évangélisation. Dans ma famille, je n’ai plus peur de parler de ma religion, j’avais tant reçu de railleries, de moqueries, de critiques. Avec mes amis, j’arrive à parler librement de ma foi, de l’Eglise. Dans mes trois accompagnements familiaux de fin de vie : c’est la première fois que j’ai abordé le sujet de la religion, de Dieu, avec simplicité et sérénité. Puis tout dernièrement, dans mon accompagnement en tant que bénévole avec une dame de 87 ans, nous avons parlé de Dieu, j’ai pu lui réapprendre le « je vous salue Marie », la préparer pour recevoir la confession, et la communion. Elle avait si peur de cette démarche. Au moment de son départ je lui ai offert l’image de la vierge et l’enfant de Gex, je lui ai lu cette belle prière, tout cela avec douceur, joie respect et amour. ce fut des moments très forts pour nous deux. J’ai pu faire ,tout ce travail ,grâce à la prière.

En conclusion, ces 6 mois, m’ont transformée, je ne suis plus la même, tout est changé en moi. Certes, j’ai encore bien des interrogations, des doutes, des craintes, mais je peux vous dire avec une grande conviction, une grande force que grâce à vous, vous êtes une famille gaie, accueillante, profonde ,vraie dans vos convictions, votre foi. Merci, père Patrick de m’avoir guidée vers ce chemin de foi. Merci, Brigitte, de m’avoir accueillie au sein du groupe, tu m’as ouvert les yeux, tu m’as montré ce qui est vrai, juste, bon pour avancer dans ma vie de tous les jours.

Pour terminer, je voudrais vous lire le mot d’envoi de Mgr Bagnard et du pasteur Millet, lu conjointement lors de la célébration oecuménique :

Seigneur, prends-nous là ou nous sommes actuellement ,et conduis nous ou tu veux que nous allions. Fais que nous soyons pas seulement les gardiens d’un héritage, mais les signes vivants de ton règne qui vient. Enflamme nous de la passion pour la justice et la paix, parmi tous les peuples. Remplis nous de la FOI,de l’espérance et de l’amour qui donnent corps à l’évangile… Nous nous engageons à t’aimer, à te servir et à te suivre non comme des étrangers les uns des autres mais comme des pèlerins.