Le service d’accueil et de permanence

Patrice Flaud, diacre permanent, responsable diocésain des cellules d’évangélisation à Meaux

Voyons la place du service d’accueil dans l’église et toute l’importance de remplir et soigner ce ministère afin de refleter le visage d’une Eglise chaleureuse, ouverte et accueillante.

Organiser un accueil permanent

En entrant au presbytère je suis accueilli par un sourire, c’est celui de Jean, d’Henriette ou de tant d’autres qui ont accepté ce service de permanence et d’accueil une matinée ou un après-midi de la semaine.
Premier contact avec l’Église pour certains, et, parfois, démarche difficile pour celui qui se sent loin et qui vient, pour un baptême, un mariage, une inscription au catéchisme, une rencontre avec le curé de la paroisse ou pour un simple renseignement. Ce sourire est peut être pour lui le premier visage de l’Église, d’une Église chaleureuse ouverte et accueillante.
Le service de permanence nécessite bien sûr une compétence qui s’acquiert peu à peu, pour écouter, savoir diriger la personne, lui donner le renseignement qui convient. Mais à coté de la nécessaire compétence le plus important n’est-il pas cette attitude qui met l’autre à l’aise en montrant l’intérêt qu’on lui porte ?

Je me souviens moi-même combien j’avais été marqué par la qualité d’un accueil :
En un temps où nous organisions avec ma femme une journée de rencontre avec des foyers, nous cherchions un conférencier pour nous parler du couple chrétien. J’avais été très frappé, par l’attitude du prêtre que j’étais allé voir. Je venais parler de mon problème, de l’organisation de la journée et du thème de la conférence. Après m’être présenté et avoir abordé le motif de ma visite, le prêtre me coupe alors que j’attaquais le vif du sujet et me dit : « Parle-moi d’abord de toi, de ta femme, de tes enfants, parle-moi de ton travail ».

Oui, celui que nous accueillons est d’abord un frère, une personne avec son histoire et sa richesse. Mon accueil doit répondre à son attente qui va peut être plus loin que la demande qu’il a exprimée.
Par le service de l’accueil, c’est une image de l’Eglise que je donne. Cela se fait tout simplement par la qualité de ma présence à l’autre, par la qualité de mon écoute, qui permettra parfois à celui qui vient de pouvoir exprimer avec confiance une détresse. On pourra prononcer une parole d’encouragement ou accompagner par un silence plein de respect mais aussi par la prière, une prière qui peut se dire à l’autre tout simplement : « je prierai pour toi ». Prière si précieuse, qui peut venir enrichir les moments où personne ne vient, où l’on se retrouve seul, dans le silence, tout en restant mystérieusement présent à tous ceux que l’on a reçus, et où l’on vit le service « inutile » du serviteur aimé.