La remise du décret de reconnaissance

Conseil pontifical pour les laïcs - Rome, le 29 mai 2009

Vendredi 29 mai, le système des cellules paroissiales d’évangélisations (CPE) a été reconnu par le Conseil Pontifical pour les laïcs, à Rome. Découvrez le contenu de cette grande journée avec le décret (traduction de la version originale italienne).

  • Lectures précédant la remise du décret :

- Actes des Apotres (18, 7-11)

Alors, se retirant de là, Paul se rendit chez un certain Justus, homme adorant Dieu, dont la maison était contiguë à la synagogue. Crispus, le chef de synagogue, crut au Seigneur avec tous les siens. Beaucoup de Corinthiens qui entendaient Paul embrassaient également la foi et se faisaient baptiser. Une nuit, dans une vision, le Seigneur dit à Paul : « Sois sans crainte. Continue de parler, ne te tais pas. Car je suis avec toi, et personne ne mettra sur toi la main pour te faire du mal, parce que j’ai à moi un peuple nombreux dans cette ville. » Il séjourna là un an et six mois, enseignant aux gens la parole de Dieu.

- Evangile selon Saint-Mathieu (28, 18-20)

S’avançant, Jésus leur dit ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde. »
  • Lecture et remise du décret de reconnaissance de l’Organisme International de Service des cellules Paroissiales d’évangélisation par Mgr Josef Clemens, Secrétaire du Conseil Pontifical pour les laïcs (version française en page 1 et page2).
  • Intervention de don Piergiorgio Perini :

Très Frères et Sœurs,
Je m’adresse à vous avec beaucoup d’émotion au cœur ; une émotion unie à un sens de profonde gratitude pour ce que le Seigneur a fait en ces 22 ans de vie des cellules, dans le cœur et dans la vie de tant de frères appartenant à beaucoup de communautés dispersées dans le monde entier.

Lorsque, en septembre 1987, j’entamais cette aventure des Cellules Paroissiales d’Evangélisation, en m’inspirant de la paroisse de Pembroke Pines en Floride, mon rêve était celui de réveiller la paroisse de St. Eustorgio que le Seigneur m’avait confié, pour répondre à l’appel que l’Église entière adressait avec insistance, par la bouche du Pape Jean Paul II, pour une Nouvelle Evangélisation.

Et, en repensant à tout ce cheminement, il se présente en moi une image, l’image est de notre cher père Valeriano Gaudet, un prêtre canadien qui, en 1986 lorsqu’il parlait de ces cellules qui étaient en train de commencer, disait : « J’ai pour vous une prophétie que je veux vous donner, disait ; le « petit deviendra un millier, le minime un immense peuple, moi, je suis le Seigneur : à son temps je le ferai rapidement. C’était une prophétie tirée du Livre du prophète Isaïe chapitre 60, 22.

C’était l’année 1986 et, lentement, cette prophétie s’est concrétisée. La décision du Père Val d’ajouter cet adverbe, rapidement , m’avait laissé surpris, stupéfait, je ne comprenais pas comment les Seigneur aurait pu accomplir cette œuvre rapidement.

Au fil des années, en réfléchissant sur la parabole de la graine de sénevé, une parabole qui a marqué ma vie sacerdotale, j’ai fini par comprendre le sens de cette prophétie. Nous lisons au chapitre 4 de l’Evangile de Marc, aux versets 30-34 « Jésus disait : « A quoi comparerons-nous le royaume de Dieu, ou par quelle parabole le représenterons-nous ? Il est semblable à un grain de sénevé, qui, lorsqu’on le sème en terre, il est la plus petite de toutes les semences qui sont sur la terre ; mais, lorsqu’il a été semé, il monte, devient plus grand que tous les légumes, et pousse en de grandes branches, de sorte que les oiseaux du ciel peuvent habiter sous son ombre ».

Il s’agit, chers frères, d’une vision plus encourageante parce qu’elle part de rien, une graine de sénevé, j’ai eu occasion d’en avoir en main ; il s’agit d’une poussière presque impalpable, mais ensuite, une fois semée, elle devient un grand arbre.
Et j’étais surpris par cette phrase « mais à peine semé il croît », et je me demandais : Mais quelle est la force qui fait croître cette petite graine en un arbre plus robuste, très haut, très grand sur lequel les oiseaux peuvent se reposer ?. »
J’ai trouvé la réponse : la vigueur qui circule dans le Règne de Dieu comparé à la graine de sénevé qui se développe en un grand arbre, c’est l’Esprit-Saint. Nous devons entrer alors dans cette dimension cosmique de l’Esprit-Saint, qui est l’âme, soutien, vie pour l’Église et de l’Église.

En voulant alors appliquer en nous cette parabole, nous pouvons dire que les cellules sont cette petite graine de sénevé, elles ne sont pas l’arbre, l’arbre c’est le Règne de Dieu, les cellules sont une œuvre, plus petite, tellement minuscule, insignifiante. L’activité et la réalité de ces cellules partent d’une réalité infinitésimale petite, mais cependant animée d’une puissance grandiose qui est la puissance de l’Esprit-Saint.
À ce point, il est juste se rappeler ce que Paul VI dit dans Evangelii Nuntiandi au n° 75, lorsque il parle de l’Esprit-Saint, il disait : « On peut dire que l’Esprit-Saint est l’agent principal de l’Evangélisation. C’est lui qui pousse à annoncer l’Évangile et que, dans l’intime des consciences , il fait accueillir et comprendre la Parole du salut ».
Ce développement, cette croissance est indispensable, c’est une nécessité de l’Église.

Jean Paul II, dans le Christifideles Laïques au n° 26, en parlant de la paroisse et ayant exprimé que la paroisse en définitive est fondée sur une réalité théologique parce qu’elle est une communauté eucharistique, avec au centre l’autel eucharistique, le Pape continue en disant que « la situation actuelle de beaucoup de paroisses sollicite plus résolument leur renouvellement et présente ce renouvellement à travers cette réalité des petites communautés ecclésiales ».
Textuellement il dit : « Les petites communautés ecclésiales de base, appelées aussi des communautés vivantes, où les fidèles peuvent se communiquer mutuellement la Parole de Dieu et s’exprimer dans le service et dans l’amour, ces communautés sont des vraies expressions de la communion ecclésiale et centres d’évangélisation ».

Voilà comment on arrive à la paroisse renouvelée, voilà pourquoi nous pouvons penser que les cellules d’évangélisation peuvent constituer ces germes, ces éléments à travers lesquels le nom du Seigneur est connu et la vie de la paroisse peut se transformer.

Quelles merveilles : autrefois une paroisse qui ressemblait à un gigantesque ours en léthargie, pour reprendre une expression du Cardinal Hume, qui peut se réveiller, qui peut retrouver l’élan, la fantaisie, la capacité de pénétration et d’annonce courageuse de Jésus comme unique et universel Sauveur, elle peut devenir « une paroisse en flammes ».

Chers frères, le Règne de Dieu croît autour de nous, le petit est devenu un millier, parce que le Règne de Dieu est semblable à une graine de sénevé qui, plantée en terre, se fructifie rapidement et donne lieu à un grand arbre sur lequel puissent reposer les oiseaux du ciel et vivre leur joie d’appartenir au Règne du Christ.

Par le don de l’Esprit-Saint, âme de l’Église et source de l’Evangélisation, avec la protection de Marie, Étoile de L’Evangélisation, et avec la constante prière de Jean Paul II, prophète de la Nouvelle Evangélisation, nous sommes certains que le résultat d’enflammer les paroisses répandues dans le monde pourra être rejoint. Cela exige de notre part l’humilité, la persévérance et la prière, pour que l’œuvre accomplie par le Seigneur puisse continuer dans le monde, malgré notre présence qui peut contaminer l’œuvre même de Dieu.
Prions tous continuellement parce que, purifiés par le feu de l’Esprit, nous pouvons devenir des serviteurs de la Parole, soutien des pauvres et canal de cette eau vive qui désaltère tout homme. Amen.

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Décret de reconnaissance