La pédagogie des cellules

Père Arnaud Adrien - Session de formation aux SCPE - Sanary-sur-mer -

sites/cellules-evangelisation.org/IMG/mp3/conf_p_Adrien-la_pedagogie_des_cellules.mp3Ecoutez la pégagogie des celllules, extrait de la conférence du père Arnaud Adrien lors de la session de formation au système des cellules paroissiales d’évangélisation, à Sanary-sur-mer, novembre 2009.

L’adoration

La pédagogie des cellules se fonde tout d’abord sur l’importance à donner à l’adoration. L’Esprit saint n’est-il pas le premier acteur de l’évangélisation ?
L’adoration a une grande puissance pour unifier le peuple de Dieu dans la charité et lui donner le sens de la transcendance. Dieu est Dieu et nous avons tous à nous prosterner devant lui, à l’adorer, à reconnaitre que tout vient de sa main et à découvrir en méditant l’abaissement du fils de l’homme présent dans l’eucharistie comme corps livré, que ce Dieu que nous adorons est amour. Oui l’amour se diffuse dans les âmes qui adorent car elles adorent un Dieu qui a dit : « ceci est mon corps livré pour vous, ceci est mon sang versé pour vous » ; cette adoration a pour effet de créer un climat fraternel entre nous ; si nous sommes ainsi aimés comment, à notre tour, ne pas aimer.

Le service

Et la deuxième phase de la pédagogie des cellules après l’adoration est précisément le service. Un service à la mesure de celui que nous venons d’adorer comme corps livré et qui nous demande de ne pas faire moins que lui qui a dit vous ferez des choses plus grandes encore, si ce n’est en profondeur car qui peut porter ainsi la totalité du péché pour nous en délivrer sinon lui seul, au moins en extension en rejoignant tous ensemble un peuple qu’il nous demande de rassembler autour de son autel.
Cela passe par l’amour, un amour quotidien que nous apportons à notre oïkos [1] et qui n’a pas à se décourager puisque, Lui, nous a aimés jusqu’à l’extrême.
Permettez moi de vous citer cet échange entre St Vincent de Paul et une de ses filles :
Jeanne , tu verras bientôt que la charité est lourde à porter. Plus que le broc de soupe et le panier plein… mais tu garderas ta douceur et ton sourire.
Ce n’est pas tout de donner le bouillon et le pain. Cela les riches peuvent le faire. Tu es la petite servante des pauvres, la fille de la charité, toujours souriante et de bonne humeur ; ils sont tes maîtres, des maîtres terriblement susceptibles et exigeants, tu verras. Alors, plus ils seront laids et sales, plus ils seront injustes et grossiers, plus tu devras leur donner de ton amour !
Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes.
Nous voilà donc appelés à servir jusque là notre oïkos. Et à nous soutenir par le partage
entre nous.

Le partage

Cette pédagogie des cellules qui nous invite à partager chaque semaine ce que nous avons fait pour le Seigneur ou, pour le dire autrement, « comment avons-nous aimé cette semaine en son nom ? », cette pédagogie du partage sur l’amour partagé est terriblement éducative. Comment rester silencieux plusieurs semaines de suite quand l’ordre de Jésus est : « aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés » ? Ne rien dire ou parler d’une manière convenue nous éclaire tout de suite sur nous-mêmes : nous ne serions donc pas encore entrés dans la dynamique d’un don qui ferait de nous de vrais apôtres.
Combien cette étape du service est essentielle pour donner toute sa force au Nom de Jésus qui va sortir de nos lèvres.
« Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que ton oïkos te pardonnera de tenter de l’évangéliser ». Tel est notre défi ; la Bonne nouvelle n’est plus une nouvelle attirante, elle sent son renfermé, elle est du déjà vu, de l’ordre de l’ennuyeux, du dépassé. Plus que cela, la tentative de convaincre prend à rebrousse-poil des mentalités qui veulent décider librement, sans aucune contrainte et surtout qui ne veulent appartenir à personne. Et combien l’histoire de l’évangélisation traîne derrière elle une atmosphère de fagot, d’obligation morale insupportable !
Pourtant, le christianisme ne fait que commencer disait le père Alexandre Men, assassiné à Moscou pour une foi trop rayonnante. Ce christianisme-là c’est celui, toujours nouveau, de l’Esprit qui se répand sur celui qui le prie nuit et jour et qui aime jour après jour son voisin, son parent, son ami…Jeanne, tu verras bientôt que la charité est lourde à porter… mais quelle fécondité… amener une âme à Jésus !
Par notre amour et notre espérance, renverser le mur des préventions, de l’hostilité culturelle et créer un espace où le nom de Jésus va devenir désirable, lumineux, voilà le préalable normal à notre annonce.
Temps fécond que ce temps du service qui révèle la gratuité de nos intentions. Temps fécond qui dévoile que Dieu est pur amour. Temps qui permet l’annonce du Royaume.

Crédits photo : Berna Lopez - evangile-et-peinture.org