La foi aide à surmonter la douleur

Lettre du père Christian Vinel, curé de la paroisse Wavre - Belgique

Un grand merci au père Christian Vinel, curé de la paroisse de Wavre en Belgique, qui nous autorise à publier ce beau témoignage ; touché par l’épreuve de la maladie, il nous livre comment la dimension spirituelle peut aider à surmonter la souffrance.

Chers amis,
Je viens de sortir de clinique où j’ai passé 9 jours consécutifs à l’opération du foie. Celle-ci, d’après le scanner fait la semaine suivante, s’est révélée totalement réussie : merci au chirurgien, et au Seigneur à qui vous m’avez confié ! Et non seulement elle est réussie mais je n’ai pas eu de complication post-opératoire… J’ai pu remanger après 5 jours, et me remettre aussi à marcher. Voilà accomplie la première grande étape vers la guérison.
Pendant les 5 premiers jours également, j’ai eu de la morphine par péridurale qui m’enlevait toute douleur. Mais quand on l’a arrêtée, les anti-douleurs de remplacement ne faisaient pas le même effet… Les douleurs étaient supportables la journée, mais m’empêchaient de dormir la nuit. Ce fut une expérience que cette douleur (pas si terrible, pourtant) : tenté de la fuir ou de l’ignorer, j’ai essayé de lutter contre elle, et quand il n’y avait rien à faire, de l’accueillir et de la traverser. Notre foi chrétienne m’y a aidé : elle me semble une des rares religions dans laquelle Dieu fait une place à la souffrance humaine car Il l’a lui-même assûmée.

Dieu nous aide à d’abord lutter contre toute souffrance.
Ce qui m’a aidé à traverser cette période plus difficile, c’est de m’être mis à penser surtout à Jésus à Gethsémani : Il aurait pu s’enfuir… n’est-ce pas son Père qui lui a donné la force de tout traverser ?… « pour les pécheurs » qui se sont séparés de son Amour. Jésus va vivre sa Passion et sa mort par amour pour tous les hommes : il se crée ainsi un lien d’amour très fort entre Jésus et chaque homme, chaque femme. Un lien d’amour que rien ne pourra défaire. « Qui nous séparera de l’Amour du Christ ? »

Quand on souffre, on est tenté de se replier sur soi. Jésus, Lui, a vécu tout le contraire : chaque souffrance, Il la vivait en pensant à chacun de nous… en l’offrant à son Père ou, mieux dit : en la traversant avec tout l’amour de son cœur, pour que nous vivions libres de tout repli sur nous-mêmes, centrés sur Lui et sur les autres.
J’ai l’impression qu’avec Jésus, toute difficulté est un appel à aimer davantage. Ou bien la difficulté me fait renoncer à continuer à aimer, ou bien elle est pour moi l’occasion d’exprimer davantage d’amour à celui qui souffre (ou parfois me fait souffrir).

J’ai expérimenté quelque chose de semblable -pas parce que je serais meilleur que d’autres, mais sans doute parce qu’étant très faible, je confiais ma faiblesse à Celui qui me soutient-. Quand je ressentais de la douleur, je pensais beaucoup plus à Jésus, et à des gens qui ont plus particulièrement besoin de prière, et aussi à vous tous qui pensez à moi et priez pour moi !
Quand nous pouvons donner un sens à notre souffrance, elle est moins difficile à porter…
Je sais qu’à travers les épreuves que je vis -et que vous vivez à distance avec moi- un lien s’intensifie entre nous, basé sur l’Amour du Seigneur. De fait, des liens d’amitié et d’affection se sont approfondis depuis l’annonce de mon cancer : c’est un des fruits de cette maladie vécue dans le Seigneur -à qui je rends grâce- et aussi grâce à vous et vos multiples signes d’affection et de prière : un immense MERCI !

Après une petite semaine de douleurs plus ou moins fortes, la mise au point d’anti-douleurs me permet depuis hier de commencer à récupérer la fatigue de l’opération et du manque de sommeil… Depuis vendredi soir, je suis au repos total (même les sms et mails laisseront la priorité au repos !!)
Le programme à venir : 3 semaines de repos total et exercices de marche… puis pendant 5 semaines, combinaison de chimio et de rayons sur la tumeur chaque jour ouvrable, ce qui fera 25 aller-retour jusque S.Luc… ceci afin de diminuer de 30 % les risques de récidive locale. Ça vaut donc la peine !
Et ce programme est préparatoire à l’opération de la tumeur qui se ferait donc dans un peu plus de 2 mois.