La confiance mutuelle

Mireille Robinson, psychiatre

Instaurer un climat de confiance et de discrétion sera essentiel pour la croissance de la cellule et de chacun des membres.

S’entraîner à la confiance

C’est au travers des pauvretés propres à chacun que va se développer peu à peu la confiance mutuelle dans la cellule. Depuis tout petit nous avons mis en place des défenses, nous avons appris à nous défier d’autrui, à avancer masqué en jouant plus ou moins un personnage. Tout cela est appelé à disparaître, non seulement au sein de la cellule mais aussi dans tous nos rapports avec nos frères les hommes. La cellule (comme la famille du reste) est en quelque sorte le laboratoire de ce que nous avons à vivre en société ; c’est un microcosme où nous pouvons nous exercer au pardon et à la miséricorde, nous entraîner à la confiance mutuelle. Depuis notre enfance, chaque fois que cette confiance a été blessée, trahie, nous nous sommes refermés, repliés sur nous-même plus ou moins consciemment. Nous avons appris à ne plus nous dévoiler, à cacher nos vulnérabilités, notre sensibilité. L’expérience positive que je peux avoir en cellule en me livrant sans que personne n’en profite pour m’écraser, pour m’enfoncer ou pour se moquer de moi va me permettre de faire le chemin inverse, de laisser tomber une à une mes défenses.

Qu’il ne sorte de votre bouche aucune parole mauvaise, mais quelque bon discours propre à édifier, selon le besoin, afin qu’il fasse du bien à ceux qui l’entendent.
Ephésiens 4, 29

Veiller à la discrétion

Seigneur, mets une garde à ma bouche, une sentinelle à la porte de mes lèvres (psaume 141, 3)

Encore faut-il pour cela que la recommandation de discrétion faite à toute personne intégrant la cellule soit vraiment respectée ; si elle ne l’est pas et que je viens à le savoir je risque de me refermer pour longtemps. Chaque membre de la cellule a donc une grande responsabilité : celle de garder le secret. Cela parait évident mais n’est pas toujours si facile à tenir. Il est tellement humain de se mettre en avant en montrant que l’on sait des choses sur l’un ou sur l’autre que parfois notre bouche nous trahit avant même que nous en ayons conscience . Trop tard, le mal est fait, l’information confidentielle est partie… qui saura l’arrêter ? Supplions donc le Seigneur de « mettre une garde à notre bouche » !