La charité fraternelle, source de guérison et d’évangélisation

Mireille Robinson, psychiatre

L’exercice de la charité est un commandement donné par Jésus lui-même.Il permet en outre une véritable libération autant pour celui qui l’exerce que pour celui qui en bénéficie, malgré les imperfections de tous.


« Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. »

Jean 13,34

Ce commandement est vraiment nouveau : en effet, jusque-là il fallait aimer son prochain comme soi-même ce qui est déjà assez extraordinaire : il est tellement plus naturel de faire passer ses
propres besoins en premier !

Aimer comme Jésus aime

Depuis l’avènement du Christ, il nous faut aimer notre prochain comme Jésus aime, c’est-à-dire non pas seulement comme soi-même mais plus que soi-même et jusqu’à donner sa propre vie pour lui.
Cette forme d’amour est éminemment guérissante non seulement pour celui qui la reçoit mais aussi pour celui qui la donne.
La petite Thérèse, si blessée par la vie ne dit-elle pas lors de sa grâce de Noël : « En un instant je sentis la charité entrer dans mon cœur, le besoin de m’oublier pour faire plaisir et depuis lors je fus heureuse. »
« S’oublier pour faire plaisir » entraîne une libération suprême : la libération de toutes les attaches égoïstes du Moi. C’est cela qui conduit au vrai bonheur, et non pas l’assouvissement de tous ses désirs et de tous ses besoins comme on le pense instinctivement.

L’amour, chemin de guérison intérieure

Quant à celui qui bénéficie de cet amour inconditionnel, il va de soi qu’il va petit à petit oublier ses révoltes et son amertume, prendre confiance dans l’amour du frère, se laisser aller à être lui-même, sans masque, en toute simplicité, abandonner tout le système de défense mis en place depuis son plus jeune âge : c’est cela que l’on nomme guérison intérieure !
Bien sûr, il ne faut pas idéaliser les relations fraternelles : elles sont faites de haut et de bas puisque nous continuons d’être de pauvres pécheurs, mais c’est la tendance globale à se laisser saisir par la grâce pour aimer comme le Christ lui-même qui sera la plus marquante pour le nouveau venu au sein de la cellule c’est cela qu’il retiendra malgré les « ratés » et « bavures » bien sûr inévitables :

« À ceci, tous vous reconnaîtront pour mes disciples, à l’amour que vous aurez les uns pour les autres »

Jean 13,35

La charité fraternelle est profondément guérissante et évangélisatrice.

Crédit photo : merci à Berna Lopez - evangile-et-peinture.org