La cellule, lieu d’apprentissage pour s’accueillir dans le Seigneur

Père Laurent Roudil, curé de la paroisse de Modane

Les cellules paroissiales permettent d’expérimenter l’appel de Dieu à s’aimer les uns les autres : c’est en accueillant son prochain en vérité que tout chrétien accomplit sa mission d’évangélisation.

Voici un passage important de la lettre de Saint-Paul à la communauté des Colossiens. Tout comme il exhortait ses frères dans le Seigneur à la charité mutuelle, nous pouvons aussi avec cette Parole nous stimuler les uns les autres dans ce sens.

Vous donc, les élus de Dieu, ses saints et ses bien-aimés, revêtez des sentiments de tendre compassion, de bienveillance, d’humilité, de douceur, de patience ; supportez-vous les uns les autres et pardonnez-vous mutuellement, si l’un a contre l’autre quelque sujet de plainte ; le Seigneur vous a pardonné, faites de même à votre tour.
Mais par-dessus toutes ces choses revêtez-vous de l’amour, qui est le lien de la perfection.

Colossiens 3, 12-14

Grandir les uns les autres dans l’amour réciproque, c’est un devoir du chrétien et même de tout homme, car c’est vital pour son épanouissement.

Un laboratoire de l’amour de Dieu

Les cellules sont en quelque sorte un petit laboratoire de l’amour de Dieu.
Le Jour du Seigneur, les chrétiens vont puiser en l’eucharistie la force de l’Amour. Pour le vivre, ils ont toute la semaine. Cela se traduit dans la famille, le travail, les loisirs…et aussi les cellules. Elles deviennent, à côté du gros laboratoire de l’eucharistie dominicale, des petits laboratoires permettant de croître dans l’amour fraternel.

Le rassemblement dominical a sa grâce propre : accomplir le précepte divin de la sanctification du Jour du Seigneur et vivre en ce jour, déjà par avance, dans la patrie céleste. Cependant, dans ces grands rassemblements, les uns les autres ne se connaissent pas forcément bien. Et j’ose dire qu’en certains lieux, la plupart des personnes viennent à la messe dominicale sans se préoccuper d’accueillir l’étranger de passage ni même leur voisin, surtout lorsque les églises sont grandes et peu remplies. Il y a toute une distance à franchir dans la relation.

La cellule favorise le rapprochement

Cette distance physique, humaine, affective, spirituelle, est diminuée dans la rencontre hebdomadaire de la cellule.
Les membres se retrouvent dans le foyer chaleureux de la famille. La personne qui accueille va essayer de soigner dans les moindres détails la manière de recevoir. Tout de suite, les habitués vont se retrouver dans la joie de fraterniser. Lorsque un nouveau membre entre dans la cellule, il va être accueilli, connu, parce que les frères prient pour lui depuis un certain temps. Ceux qui l’ont pris dans leur oïkos vont parler de lui et témoigner de son avancée dans l’Amour du Christ.
Ce nouveau membre ne sera pas l’inconnu de passage à la messe dominicale. Il sera bien accueilli ; le leader sera particulièrement attentif à lui.


Les cellules paroissiales d’évangélisation sont vraiment les lieux d’apprentissage de l’amour fraternel dans une société et une Eglise occidentale souvent marquées par l’indifférence dans les relations humaines.

D’où vient ce feu de l’Amour dans les cellules ?

Il vient du Seigneur. C’est Lui, Jésus uni au Père qui envoie l’Esprit-Saint pour réchauffer nos cœurs froids. C’est Lui, Jésus, qui nous donne son feu de l’Amour pour réchauffer les cœurs refroidis par le grand hiver de l’indifférence humaine et religieuse.
A Noël, nous fêtons la naissance de l’Enfant-Jésus venu dans la nuit froide de Bethléem pour apprendre aux hommes à s’aimer. Il a voulu se mettre dans le rang des sans-logis, des exclus, en naissant dans un lieu où personne ne voulait vivre. La tradition parle d’une étable ou d’une grotte où se trouvaient un âne, un bœuf et une mangeoire. Ainsi, le Fils de Dieu a voulu rejoindre notre pauvreté humaine pour nous apprendre à nous laisser accueillir par Lui et entre nous.

Les cellules paroissiales d’évangélisation sont ces petites crèches dont les membres vont visiter l’Enfant-Jésus afin de se laisser brûler de son Amour pour tous les hommes. Saint-Paul nous décrivait plus précisément comment se traduit l’Amour de Dieu dans nos relations humaines : « compassion, bienveillance, humilité, douceur, patience, se supporter, se pardonner ».

Que la Mère du bel Amour nous aide à faire de nouveaux progrès dans l’amour fraternel. Le témoignage de l’amour entre les chrétiens est le fondement de l’évangélisation.