Interview du Cardinal Scola, patriarche de Venise

par Don Danieli, curé sur le diocèse de Venise

Le Cardinal Angelo Scola, interviewé par Don Danieli, Curé de paroisse dans le diocèse de Venise, répond à trois questions :



  • 1 - Quelle est votre vision de l’évangélisation dans le monde actuel ?
    Je pense que la grande intuition de Jean-Paul II, selon laquelle une nouvelle évangélisation est nécessaire, surtout dans les pays de vieille tradition chrétienne, est restée quasiment lettre morte jusqu’à aujourd’hui. Donc la situation selon moi est grave et urgente et il faut redoubler d’énergie dans cette nouvelle évangélisation surtout dans notre zone géographique, en nous laissant stimuler par les expériences vivifiantes qui nous proviennent en partie d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie ainsi que par les nouvelles réalités qui ont émergés dans notre vieux continent.



  • 2 - Quelle priorité donner aux paroisses dans le contexte actuel et dans ce chemin urgent d’évangélisation ?
    Une priorité doit être maintenue vers les paroisses dans la mesure où elles savent se repenser et se redessiner pour être capables d’accompagner les chrétiens qui rencontrent chaque jour la pluralité des milieux de notre société. La paroisse statique, qui attend sous son clocher ou la paroisse qui a l’illusion d’œuvrer à la nouvelle évangélisation en ne fournissant que des services ou en se contentant de susciter du bénévolat n’aura pas selon moi un grand avenir. Il est nécessaire que la paroisse reste première en tant que sujet missionnaire capable de Nouvelle Evangélisation. Ceci pose le problème du sujet : il faut au cœur de la paroisse des hommes touchés par le Christ et par une passion communautaire qui sachent porter un regard à 360 degrés sur le monde, pour témoigner de la beauté de la suite du Christ dans tous les milieux de l’existence humaine.



  • 3 - Vous connaissez le système des cellules paroissiales d’évangélisation, pouvez-vous nous donner votre regard sur cette méthode ?
    Il s’agit certainement d’un don de l’Esprit qui mérite d’être valorisé justement parce qu’il a compris que la question première, dans cette société qui se transforme dans la violence et la contradiction, est celle de ce sujet qui va témoigner concrètement dans la vie, de ce que signifie « être du Christ » et comment « être du Christ » n’est en contradiction, ni avec l’être humain, ni avec la liberté mais c’est au contraire ce qui exalte la liberté de l’homme et l’aide à retrouver le goût de la vérité, de la bonté et de la beauté. Il m’est apparu que l’expérience des cellules témoigne de cette forte conscience d’un sujet personnel et communautaire qui a l’audace libre et libérante d’annoncer directement Jésus. Nous revenons ainsi au thème de la Nouvelle Evangélisation.