A Dijon, un « salon » pour puiser de bonnes idées d’évangélisation

La Croix, le 1er mars 2010

Le rassemblement « Ecclesia 21 », organisé samedi 27 février à Dijon, a permis aux 1200 participants de découvrir les initiatives audacieuses prises dans le diocèse pour transmettre la foi et annoncer l’Évangile. Des stands du Salon des initiatives lors du rassemblement Ecclesia 21 où 1200 fideles de la Côte-d’Or se sont reunis pour reflechir sur la transmission de la Foi. A l’heure de la pause déjeuner, on se presse dans le « salon des initiatives » d’Ecclesia 21, organisé samedi 27 février à Dijon, pour puiser quelques idées audacieuses en termes d’annonce de la foi. Malgré l’agitation qui règne autour d’elle, Hélène Vallet trouve les mots pour expliquer sa présence sur le stand des « cellules paroissiales d’évangélisation ».

On sent que cette mère de six enfants a le souci urgent de témoigner de sa foi, ce qui ne l’empêche pas de s’interroger sur les bonnes modalités de cet engagement, nouveau pour elle. « Si on ne se bouge pas, les églises vont continuer à se vider. Il faut absolument aller tendre la main à nos frères. Mais cela implique de se présenter sous un jour souriant, de ne pas faire la tête… Sinon, les gens que vous rencontrez rebroussent chemin… Moi qui ai mauvais caractère, je parle en connaissance de cause ! »

Le jour, assez récent, où elle a reçu l’effusion de l’Esprit dans le cadre de la communauté des Béatitudes, a manifestement marqué un tournant dans la vie spirituelle de cette femme de viticulteur. « Cela a dynamisé ma foi, explique-t-elle. Jusqu’alors, j’avais suivi un parcours normal de chrétienne de base : pas de crises majeures, une pratique assez régulière et une activité de catéchiste ». « Aller à la rencontre de ceux qui ont du mal à ouvrir la porte de l’Église » Depuis septembre 2009, elle a ressenti le besoin de « faire plus et de s’ouvrir sur l’extérieur. » Elle a rejoint l’une des six cellules paroissiales d’évangélisation, mises en place dans le secteur de Beaune, à l’image de celles qui existent déjà à Sanary-sur-Mer, dans le Var. L’initiative bourguignonne est l’une de celles qui ont germé après le rassemblement Ecclesia à Lourdes en 2007, pour développer de nouveaux moyens de catéchèse, à l’intention des publics les plus divers, quels que soient leur âge et leur niveau de connaissance religieuse.

Plusieurs diocèses ont souhaité relayer cet appel missionnaire en organisant des grands rassemblements, comme Ecclesia 21. Faisant la promotion des « cellules d’évangélisation » sur son stand, Hélène Vallet raconte comment elle prie pour une personne de son entourage familial ou de son voisinage dont elle sent qu’elle pourrait être intéressée par un cheminement chrétien. « Je pourrais commencer par mon mari, qui ne veut pas faire partie de ma cellule d’évangélisation », s’amuse-t-elle. Elle se dit séduite par cette proposition de la foi fondée sur la proximité.

En plein centre de Dijon, dans la rue Vauban, un espace de « visibilité chrétienne » vient d’ouvrir : Cath’Echo. « Cela démarre tout doucement, nous accueillons environ 5 à 6 personnes par semaine », reconnaît Victor Larger, responsable du service familles du diocèse et l’un des instigateurs du projet. Une quinzaine de bénévoles se relaient pour répondre à toutes les demandes concernant la vie chrétienne. « On veut aller à la rencontre de ceux qui ont du mal à ouvrir la porte de l’Église », indique Victor Larger qui revendique une mission de large évangélisation. « L’Église ne nous demande pas de rester au chaud entre nous, soyons présents partout où la famille est concernée. »

L’annonce de la foi n’est pas une démarche aisée. Le souci de ne laisser personne sur le seuil de l’Église en invitant « tout le monde, du plus petit au plus âgé », voilà ce qui anime Maryline Gentil, permanente en pastorale pour le doyenné de Dijon Sud. Multi-engagée dans l’Église, elle est l’une des chevilles ouvrières d’un projet original : la journée des « 3 Pa » (« partage de la Parole en paroisse »).

Trois dimanches par an, les paroisses Sainte-Chantal de Dijon et Sainte-Thérèse de Chenôve accueillent, depuis 2004, une « rencontre intergénérationnelle » : une discussion entre petits groupes sur un thème volontairement accessible (« Le bonheur à tout prix », « Où va la terre ? », « Pardonner, est-ce possible ? ») est suivie d’une messe à laquelle la participation active de tous est sollicitée, y compris des plus jeunes.

Ces rencontres sont préparées en amont, en équipes de quartier. « Quelques personnes, qui ne fréquentent pas la messe habituellement, y viennent ce jour-là. Cela reste modeste mais c’est un premier pas encourageant », constate Maryline Gentil. Elle explique toutefois que l’équipe d’organisation n’ose pas mettre de tracts dans les boîtes aux lettres et se contente de les distribuer à la sortie des messes. Preuve que l’annonce de la foi n’est pas forcément une démarche aisée… « Personnellement, à la notion de transmission de la foi, je préfère celle de témoignage. Ce sont nos gestes quotidiens qui parlent le mieux de nos convictions. »

« La transmission de la foi passe d’abord par la parole » Sœur Agnès Thévenin, religieuse de Saint-Joseph de Cluny, partage cet avis. Avec le P. Jacques Descreux, elle pilote Vocapass, un projet soutenu par les quatre diocèses de la province ecclésiastique de Bourgogne. Pendant un an, des étudiants ou des jeunes professionnels de 18 à 30 ans sont invités à partager un projet de vie communautaire dans un appartement de la capitale bourguignonne.

« La transmission de la foi passe d’abord par la parole », estime la religieuse. Sa principale joie après quatre ans d’expérience ? « Tous les jeunes qui ont vécu ce projet ont fait de vrais choix dans leur vie. Ils connaissent la valeur de l’engagement. De toute façon, quand vous annoncez l’Évangile, vous n’êtes maîtres de rien. La relation se joue toujours entre Dieu et une personne. » Bruno BOUVET (à Dijon)

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