Repères

Peut-on concilier l’annonce de l’Évangile et la tolérance ? Faut-il pour évangéliser, accepter de se situer en rupture avec une société qui fait de la tolérance une vertu fondatrice du lien social ? Faut-il au contraire, pour que notre message soit crédible le proposer comme un chemin parmi d’autres vers une vérité que nous ne prétendons nullement posséder et que d’autres pourraient atteindre par un autre chemin ?

La tolérance a toujours été pratiquée dans toutes les sociétés, mais ce n’est qu’avec le siècle des Lumières qu’elle devient un objet de réflexion important pour la philosophie morale et politique.

Rappelons que la constitution civile du clergé fut votée le 12 juillet 1790. Il s’agissait d’une rupture unilatérale du concordat de 1516 et établissait une indépendance totale (sauf en matière doctrinale) de l’Église de France à l’égard de la papauté. Louis XVI et une partie de l’Église de France étaient perplexes et sollicitaient l’avis du pape Pie VI.

Notre lecture du Bref de Pie VI a pu nous faire mesure l’ampleur de ce conflit. La solution ne pouvait être seulement intellectuelle et théorique. Plus exactement, l’approfondissement doctrinal a plutôt accompagné les grands bouleversements du monde et de l’Église depuis deux siècles. Parmi ceux-ci, il me semble que l’on peut en privilégier deux : la chute des États pontificaux et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme proclamée en 1948.

Au fil des expériences qui ont été menées, la paroisse apparaît comme un lieu privilégié pour mettre en œuvre la Nouvelle Évangélisation et devenir « la fontaine du village à laquelle tout le monde vient étancher sa soif ».